Vulgarisation
Imaginons un quartier tout ce qu'il y a de plus banal, d'une ville tout ce qu'il y a de plus banale. Avec de petites maisons. Et dans ces maisons, en plus des propriétaires, des chats. Plein de chats qui cohabitent -plus ou moins bien comme chacun sait- dans les jardins de leurs propriétaires.
Imaginons un habitant lambda du quartier... Et son chat, justement. Une chatte qu'il aime beaucoup mais qui vieillit un peu. Huit, dix ans, trop peu pour pouvoir dire que le chat est vieux, suffisamment pour voir qu'un jour ou l'autre, il s'en ira. Et son propriétaire, triste à cette idée, se dit "bon sang, ce serait bien d'avoir des chatons d'elle avant qu'elle ne parte !". Et puis là, rien de plus facile. Il suffit de demander à un ami qui a un chat non castré, d'organiser une petite rencontre et quelques semaines plus tard, les chatons sont là. Bon, pas de chance, ils sont six et le propriétaire ne veut en garder qu'un. Facile ! On passe des annonces, on en parle autour de soi, et en quelques semaines supplémentaires, ils ont tous un maître.
Dans la maison d'en face aussi, ils ont une chatte. Et ces derniers temps, elle a pris du poids, elle a changé. Pas étonnant, puisqu'au bout d'un certain temps on retrouve quatre chatons dans le garage... Qu'est ce qu'on va en faire ? S'ils ne sont pas tout bêtement noyés, on va essayer de les placer. Mais si, le voisin d'en face l'a fait. Au bout de quelques mois pourtant, il nous en reste deux. Bon ben... On va les garder, tant pis.
Quelques maisons plus loin, il y a un voisin mécontent d'avoir un jardin rempli de chats errants. Bien sûr, ils ne sont que deux ou trois, mais ils se battent sous nos fenêtres la nuit et puis surtout, au printemps... Ça grouille de chatons et personne ne fait rien.
Bon, maintenant, généralisons la situation à une ville entière, puis à un pays. Ça fait combien de chatons qui naissent tous les ans ? Combien qu'on essaye de placer ? Combien qu'on n'arrive pas à refourguer et qui finissent dans la nature à se reproduire à leur tour ? Combien qui vont finir attrapés par quelqu'un qui se sera intéressé à leur sort et qui finiront derrière les grilles d'un refuge ? Combien crèveront -dehors ou en refuge- du coryza, du typhus, du SIDA du chat, de la leucose et j'en passe ? Et combien qui, n'ayant même pas eu la chance de vivre, seront noyés à la naissance ?
A cela, il faut ajouter que donner un chaton non-identifié c'est illégal :
"Art. 276-2 − Tous les chiens et chats, préalablement à leur cession, à titre gratuit ou onéreux,sont identifiés par un procédé agréé par le ministre de l´agriculture. Il en est de même, en dehorsde toute cession, pour les chiens âgés de plus de quatre mois et nés aprés la promulgation de lloi n°deg; 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants et à la protection des animaux. L´identification est à la charge du cédant. Dans les départements officiellement déclarés infectés de rage, l´identification est obligatoire pour tous les carnivores domestiques. (...) ""
Alors je sais bien, la stérilisation, c'est mal. "Couper les couilles" d'un chat ça paraît inhumain, et de toute façon une chatte a besoin de faire des chatons pour être heureuse et ça la protège des tumeurs. Autant de vieilles légendes qui traînent dans les campagnes depuis des années et n'ont jamais été scientifiquement prouvées. Par contre, en stérilisant votre chatte, vous réduirez le risque de tumeurs mammaires et de grossesses nerveuses. En castrant votre chat, vous réduirez voire supprimerez les soucis comportementaux type marquage, fugues, agressivité... Et vous rendrez un grand, grand service à la protection animale.