Pour les fois où ça va, et celles où ça ne va pas

Publié le par Ping' & GéGé

Parfois tout va bien. Ils arrivent, et repartent. Parfois il suffit d'un regard pour savoir que tout ira bien. Parfois, je les observe avec émotion. Une émotion qui veut dire "tu n'en as pas pour longtemps à être ici".

 

Souvent, cette promesse est tenue. Comme pour Etoile... Etoile, petite croisée-dalmatienne miniature, les yeux bleus, un regard à couper le souffle. Réputée difficile car craintive. Moi, je ne la connaissais pas. Je n'en ai même pas eu le temps, à vrai dire. Elle est restée une semaine, peut-être deux, pas plus. Le jour où elle est partie, il y a eu ce regard de son propriétaire. Celui qui voulait dire que tout irait bien, que la chienne ne pouvait trouver meilleur maître. Celui qui voulait dire qu'elle avait enfin trouvé le bonheur, pour toute une vie sans doute, celui que chaque animal mérite.

 

Parfois, c'est un peu moins évident. Djinn était un croisé ratier tout ce qu'il y a d'adorable, arrivé à la fin de sa deuxième année au refuge. Un gentil chien, au regard doux, profond. Capable de beaucoup pour son maître. Je l'ai vu, et lui ai fait - ou plutôt, me suis fait - cette fameuse promesse. Il ne devait pas rester... Il ne pouvait pas rester avec ce regard, cette intelligence qui brillait au fond de ses yeux, et la gentillesse dont il faisait preuve. Pourtant, Djinn a été là, pour de longs mois. Il a terminé sa deuxième année au refuge et a pris trois ans parmi nous. Il n'est pas resté aussi longtemps que certains grands chiens : quatre, cinq mois peut-être, ce n'est rien par rapport à d'autres. Mais Djinn ne méritait pas ce qui lui est arrivé. 

 

Mais enfin, là encore, ça s'est bien fini : Djinn a trouvé un maître merveilleux. Si je revoyais ce Monsieur, je le remercierais encore une fois pour avoir sorti de son box un chien qui était destiné à être heureux. Et je ne doute pas un seul instant qu'il le soit aujourd'hui.

 

D'autres fois encore, c'est bien plus compliqué. Nous ne voyons plus les chiens comme les adoptants les voient - et c'est bien normal, on ne voit pas un chien que l'on a fréquente régulièrement de la même manière que quelqu'un qui le voit pour la première fois -, et faisons des paris un peu hésitants. "Elle partira, j'en suis sûre". "Dimanche, elle sera placée". Elle, elles s'appellent Surprise ou Virgule. Ce sont des chiennes gentilles, obéissantes, intelligentes, proches de l'Homme et auxquelles on aurait en réalité du mal à trouver un défaut. Mais il y a l'horloge biologique qui tourne, l'âge qui augmente. Il y a le physique qui ne plaît pas toujours - trop petite, une trop sale gueule (de staff, cela va sans dire !), trop grosse -. Il y a un tas de raisons. Et les chiennes restent derrière leur grille et attendent. Pour combien de temps, encore ? La suite nous le dira...

 

 

 

 

Parfois, tout semble être au plus mal. Ils arrivent, et très vite annoncent que les choses ne se passeront pas bien. Ils tombent malades, apportent des problèmes - ils se battent, sautent les clôtures, dépriment... -, et nous devinons qu'il n'y aura pas grand chose à en faire, sinon espérer un coup de coeur. Ils ne valent pas moins que les autres mais sont moins tolérants à la vie en refuge - et qui la tolérerait ? -. 

 

Il était là depuis deux ans. Un gentil chat, un peu trop réservé, mais il était surtout très mal dans sa peau. La vie en box l'usait, le rongeait. Il était malheureux, derrière sa grille, et il n'y avait personne pour le remarquer. Un jour, il a été très mal, et nous l'avons isolé des autres et tenté de le soigner. Mais les choses n'allaient pas mieux. Au contraire, elles empiraient. Et un jour, nous sommes arrivés, et il avait été euthanasié. Il s'appelait Balou. Il avait quatre ans, dont deux de refuge. Il a passé la moitié de sa vie dans son box et n'a sans doute jamais été heureux. 

 

Il n'était pas là depuis aussi longtemps mais déjà, tout allait mal pour lui. Maître décédé, malheureux comme la pierre, lui aussi renfermé sur lui-même, atteint d'une maladie chronique. Il avait été adopté, oui, mais par des gens qui étaient loin de mériter un tel chien et qui l'ont ramené. Gentil et heureux de vivre malgré ses soucis, un coeur énorme. Un peu têtu, un peu paresseux : "C'est un griffon quoi". Nous l'aimions et il occupait une grande place au refuge. Le soir, avant la fermeture, notre unique préoccupation était : "Est-il sorti ?". Je le regardais dormir, dans son panier installé dans le bureau, avec une sérénité énorme. Il était le chien du refuge. La mascotte. Celui à côté duquel on ne pouvait pas passer.

Siméon nous a quittés sans jamais retrouver la chaleur d'un foyer. Siméon est mort dans l'indifférence quasi-générale. Parce qu'au fond, la peine de quelques employés et des bénévoles ne remplacera jamais la peine et l'amour d'un maître. Parce qu'un chien a beau avoir toute la place qu'il souhaite dans un bureau et faire sa tête de mule quand il en a envie, nous ne cédions pas à ses caprices comme un maître l'aurait fait. On ne peut simplement pas remplacer ça. Et il est mort, mort quand cela n'intéressait personne. Comme cela n'intéresse jamais personne quand les choses se passent comme ça.

 

 

 

Mais il y aussi tous ceux pour qui les choses vont au plus mal, jusqu'au jour où l'inespéré se produit. Il y a ceux qui ont la chance de franchir le portail pour autre chose qu'une balade - toujours trop courte -. Ulysse, Univers, Prune, Enita, autant de chiens qui, pour des raisons diverses, auraient eu des raisons de finir comme d'autres ont fini : des années de refuge, la maladie parfois, mais non. Il y a des chiens pour qui tout finit bien. Il y en aura toujours. 

Pour ceux-là et pour les autres, j'ai bien l'intention de ne plus jamais renoncer à me battre. 

 

Rafal-et-Ulysse.jpg

Rafal et Ulysse. L'un est encore là, l'autre a enfin une famille... 

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Publié dans Quotidien d'un refuge

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A
<br /> Tu site une chienne qui s'appelle " Virgule ". Virgule était t'elle une chienne caniche croisé fox térier noir, qui à été amener en même temps que un autre chian qui se nomme " Bidul " ? Si oui,<br /> c'étais ma chienne, j'ai été contrainte pour des raisons de m'en séparer, j'ai été très affecté de m'en séparer mais je n'avais pas le choix. On ne voulais pas faire comme ses gens, à les laisser<br /> au bords de la route, on voulait leurs trouver une famille qui pourrait les rendres heureux ♥.<br />
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